Gong
Le 11 avril dernier j’ai eu le plaisir d’entendre Pablo Servigne en conférence au Forum Prépare la Paix organisé par Para Pacem. J’ai tout de suite été charmée par sa voix et la facilité avec laquelle il nous a expliqué le fonctionnement de la peur, via sa métaphore du suricate.
- La peur fait partie de nous. Elle est nécessaire à notre survie. Quand elle est stimulée, elle nous amène dans le rouge, le monde des cris, des tremblements, des pleurs…
- À force d’être dans le rouge, on peut passer dans le bleu. Le monde de la paralysie.
- Si on y reste trop longtemps, cela crée un trauma.
- Il est possible de revenir dans le vert, il convient alors de retraverser le monde du rouge… et tout le tremblement.
- Le vert, c’est le monde de l’absence de peur. Il est alimenté par les liens, le sens et la joie.
Alors vous je ne sais pas, mais moi, je n’apprécie guère d’être dans le rouge. J’essaie d’en partir le plus vite possible. Une petite larme et puis ça y est. Sauf que non, cela n’y est pas du tout. L’émotion non-accueillie enfle, s’amplifie, prend de la force pour se frayer un chemin et faire sauter le couvercle que je lui ai mis dessus. Et cela explose à un moment inattendu telle une cocotte-minute.
Pour prendre soin de soi, et aussi des autres, la meilleure chose à faire, est d’accueillir l’émotion au moment où elle apparait.
Et c’est ainsi qu’a agi le conférencier, en totale congruence avec ses propos. Au moment de conclure, il a été pris d’une vive émotion. Il s’est interrompu. Il a nommé ce qu’il vivait et a fait un travail d’accueil de cette émotion pour pouvoir retrouver suffisamment de calme pour se remettre à parler. Cela a donné l’occasion à une personne de l’applaudir pour le soutenir dans son accueil, vite suivi par toute la salle. Touchant moment d’humanité partagée illustrant le pouvoir du lien.
Et au moment où il a prononcé les mots de sa conclusion, se faisant le rapporteur de la parole des cogis, j’ai immédiatement été envahie de l’infinie tristesse que j’avais vécue lors du visionnage d’une vidéo présentant Tchernobyl 30 ans après, que nous utilisons parfois lors du Labo des émotions. Depuis, je me raconte que nous avons résonné en un étonnant chiasme émotionnel : il est ému puis parle, je l’entends et je suis émue. Véridique ou imaginaire, cette résonance fait que je me sens reliée à lui.
Et cette perception de lien me donne de la force, non seulement pour rester dans le vert, mais aussi pour agir en conformité avec mes valeurs et aspirations et rendre concret le message des cogis que Pablo Servigne nous a transmis à la fin de son intervention :
Retournez chez vous et faites des maisons de la paix. La nature est là. Elle sera toujours là. Elle vous attend.
C’est pourquoi je vous partage cette expérience honnêtement. Pour que vous sachiez que vous n’êtes pas seul.e si cela résonne aussi en vous. Pour que vous puissiez vous relier à moi, car le lien est le début d’un autre possible.






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